Protection & accueil

Protection

Ces dernières années, environ 30.000 personnes par an introduisent une demande d’asile en Belgique (34.439 en 2025). Elles viennent principalement d’Afghanistan, de Palestine, d’Erythrée, du Congo (RDC), de Turquie, du Burundi et de Syrie, pays au contexte violent et instable. Ce chiffre n’est pas démesuré. En 2015, 45.000 personnes avaient demandé l’asile, notamment à cause de la guerre en Syrie. On a parlé alors de « crise migratoire ». Il faut savoir que le record de 123,2 millions de réfugié·es dans le monde a été atteint fin 2024, et que ce sont l’Iran, la Turquie, la Colombie, l’Allemagne, l’Ouganda et le Pakistan qui en accueillent le plus grand nombre.

Pour présenter une demande d’asile en Belgique, il faut d’abord que ces personnes arrivent sur le sol belge ou à la frontière belge sans risquer leur vie dans des parcours dangereux, comme en traversant la Méditerranée. Or, elles n’ont accès à aucune voie sûre et légale, que permettrait par exemple l’obtention d’un visa humanitaire.

Elles doivent ensuite suivre une procédure d’asile très complexe et très longue. Le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) a un arriéré important dans le traitement des dossiers et met souvent plus d’un an à les traiter! De plus, certaines personnes ne sont pas protégées comme elles devraient vu leur situation. C’est le cas des Afghans, dont plus de la moitié ne reçoivent pas de statut de protection internationale, alors qu’ils ne peuvent pas être expulsés vers leur pays. C’est aussi le cas des apatrides, qui ne reçoivent pas automatiquement de statut de séjour alors qu’iels n’ont aucune nationalité.

Accueil

Depuis plusieurs années, le réseau d’accueil de Fedasil est mal géré et le modèle d’accueil est inadapté: fermetures de places puis ouvertures en urgence, pas assez de places individuelles ou adaptées aux besoins spécifiques de personnes vulnérables…

Depuis plus de quatre ans, l’État belge et Fedasil violent quotidiennement le droit à l’accueil. Des milliers de personnes qui demandent l’asile, principalement des hommes seuls, sont laissées pendant des mois à la rue alors que l’État doit légalement leur fournir un hébergement et une assistance matérielle. Ces personnes et les associations qui les soutiennent recourent à la justice et, depuis fin 2021, plus de 16.000 condamnations contre l’État et Fedasil ont été rendues par les juridictions  belges et la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la Belgique dans deux affaires.

Malgré la gravité de la situation humanitaire et la mise en péril de l’État de droit, la situation perdure. Les associations ont proposé au gouvernement « Vivaldi », puis à « l’Arizona » une série de mesures concrètes, qu’ils ont toujours refusé de mettre en œuvre.

Nos demandes

Respecter le droit d’asile: faciliter l’accès au territoire pour les personnes qui ont besoin d’une protection internationale; garantir que toute personne qui veut déposer une demande d’asile puisse le faire, quel que soit le contexte (arrivée plus importante de demandeur·euses, « crise » de l’accueil…)

Accorder un statut de protection aux personnes qui sont « inéloignables »

Respecter les obligations internationales, les lois belges et les décisions de justice concernant l’accueil: mettre à l’abri toutes les personnes laissées à la rue et activer le plan de répartition des demandeur·euses d’asile dans toutes les communes du pays.

Mettre en place un autre modèle pour le réseau d’accueil: plus de places individuelles ou en petites structures et pas seulement dans de gros centres.

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